Carole Bourgon, croiser les regards

Depuis plus d’un an, Carole Bourgon accompagne les clients de TASQ dans leurs projets de rénovation. Ingénieure formée à l’architecture, elle a rejoint le conseil au maître d’ouvrage après plusieurs années en direction de travaux. Un changement de fonction qui lui permet aujourd’hui de réunir les différentes dimensions de son parcours.

Une autre place dans le projet

En rejoignant TASQ, Carole découvre la possibilité d’intervenir plus en amont et d’aborder les décisions depuis la place du propriétaire. Son expérience de la réalisation reste un point d’appui, mais son regard s’élargit aux priorités du client et à l’avenir de ses bâtiments. Elle s’intéresse autant à la réponse technique qu’à ce qu’elle engage pour celui qui devra vivre avec.

Elle apprécie aussi de pouvoir ajuster son intervention aux besoins de la mission. Identifier ce qui bloque, approfondir une question, solliciter le bon interlocuteur : le travail ne se laisse pas toujours enfermer dans un périmètre défini une fois pour toutes. Cette diversité des situations fait partie de ce qu’elle est venue chercher chez TASQ. 

 

« Mon rôle, ce n’est pas d’avoir toutes les réponses, mais de savoir vers qui me tourner pour les trouver. »

 

Les réponses, justement, viennent de plusieurs métiers. Il faut les rapprocher, comprendre leurs conséquences et parfois revenir sur une question que chaque spécialiste pensait avoir résolue de son côté. Carole entre dans le détail, puis dézoome pour retrouver les enjeux d’ensemble. Elle fait la synthèse avec les priorités du maître d’ouvrage comme point de repère : le dialogue doit lui permettre de décider.

Comprendre les deux côtés

Cette manière de travailler doit beaucoup à sa formation. À Centrale Nantes, Carole choisit un double diplôme en architecture à Milan. Elle arrive en Italie sans parler italien et suit ses cours dans cette langue et en anglais. De ces années, elle conserve notamment une phrase de professeur : « Vous ne serez pas ingénieurs-architectes : vous serez des ingénieurs qui aiment bien les architectes ou des architectes qui aiment bien les ingénieurs. »

Elle en a gardé deux cultures professionnelles, avec leurs raisonnements, leurs exigences et leurs sensibilités. Aujourd’hui, elle peut comprendre ce qu’un architecte cherche à préserver dans son projet et ce qui conduit un ingénieur à défendre une autre solution. Cette double lecture l’aide à faire le lien entre des interlocuteurs qui ne donnent pas toujours la même importance aux mêmes questions.

Dans ces échanges, une part de son travail consiste à traduire : rendre les arguments accessibles aux autres disciplines, préciser ce qui motive une réserve, chercher où les positions peuvent se rejoindre. Elle ne se substitue pas aux spécialistes. Elle les aide à construire une réponse commune, sans perdre ce que chacun apporte au projet.

Cette recherche d’entente n’empêche pas de se montrer exigeante. Lorsqu’une situation se bloque, Carole revient aux faits, aux besoins et aux responsabilités. Elle fixe des échéances et relance lorsqu’il le faut. Le lien se construit aussi dans le suivi donné aux échanges et aux engagements pris.

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Carole Bourgon chantier

En dehors des projets

Carole pratique le théâtre d’improvisation depuis plusieurs années et joue au badminton en compétition interclubs. Elle retrouve aussi volontiers les montagnes suisses, à pied ou à skis. Les voyages occupent une autre place dans sa vie : six mois en Amérique latine, puis, plus récemment, le Vietnam et le Laos, parcourus sac au dos avec un itinéraire qui se précisait en chemin. Lorsque la destination s’y prête, elle privilégie le train ou le bus.

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Carole Bourgon

La rénovation par conviction

Son attachement à l’écologie a également pesé dans ses choix professionnels. La rénovation est l’une des raisons qui l’ont attirée chez TASQ ; elle a souhaité s’y investir et contribuer au développement de cette spécialité. Travailler avec ce qui existe, conserver ce qui peut l’être et adapter les bâtiments à de nouveaux usages donne une traduction concrète à ses convictions.

Elle connaît les exigences de ce choix. L’existant ne livre pas toutes ses contraintes au début d’une étude, et certaines découvertes obligent à reprendre les solutions envisagées. Cette incertitude fait partie du travail de rénovation. Carole l’aborde avec la volonté de transformer le bâtiment, sans faire abstraction de ce qu’il est.

Près de Cornavin, à Genève, elle accompagne ainsi la transformation d’un immeuble administratif des années 1960. Le projet prévoit des logements, des ateliers-lofts et des bureaux, ainsi qu’une surélévation de trois étages, tout en conservant la structure porteuse. Dans une autre mission, au cœur de la cité, les contraintes d’une réhabilitation patrimoniale doivent être étudiées en parallèle du développement des aménagements. Ces projets mobilisent les deux lectures auxquelles Carole s’est formée : comprendre les possibilités du bâtiment et les confronter aux intentions du projet.

Elle participe également au mandat d’AMO Plus de TASQ auprès de l’Office cantonal des bâtiments (OCBA), consacré à la transition écologique du parc immobilier du canton de Genève. Le travail porte ici sur plusieurs bâtiments de l’État, avec des opérations de rénovation énergétique à des stades d’avancement différents : une autre échelle d’intervention pour accompagner l’évolution de l’existant.

Chez TASQ, Carole a trouvé comment réunir les différentes dimensions de son parcours. Son expérience du chantier nourrit le conseil ; ses convictions orientent son engagement dans la rénovation. Quant à ses deux cultures, elles lui permettent de comprendre ce que chaque spécialiste défend et de chercher avec eux une réponse qui serve le maître d’ouvrage. Des années après la remarque de son professeur à Milan, elle n’a pas tant choisi son camp que trouvé sa place.